Food Work

  J’ai commencé à faire mes propres objets quand j’étais encore à l’école de danse ; à l’époque je voyais beaucoup de spectacles. Tellement, qu’à un moment, j’ai trouvé cette situation absurde : être encore assis dans le noir, immobile, silencieux... certes une chose m’est donnée à voir, offerte, mais à quel prix. 

  J’ai dès lors ressentit une préférence pour les objet qui proposait une expérience, ou en tout cas la rendais plus facilement possible (quitte à ce que ce soit parfois très très ennuyeux). Je ne voulais plus qu’on me flanque un spectacle de plus à la figure.

 

  Alors je me suis dit que je voulais inviter les gens, plutôt que de leur demander de s’asseoir et de se taire. Et je voulais leur donner... et je voulais les nourrir.

 

   J’ai donc commencé (et continue) à faire des installations culinaires, dans lesquels j’invite les gens à ce restaurer, partager un espace, un temps, réinventer une convivialité, à ce nourrir concrètement, de nourriture et de sens, et à prendre en main leur spectacle dont ils sont alors acteurs et spectateurs.

 

Voilà le désir profond qui sous-tend ces installations.

 

Puis chacune a ses thématiques, une proposition d’expérience qui lui est propre.

 

Je vous livre ici une liste non exhaustive de ces essais.

- SANS LES YEUX -

 Chacun nourrit une personne qui a les yeux bandés ; à la moitié du repas, un deuxième service, les rôles changent.

 Le menu met en jeu une confusion gustative par des associations de mets présentant des caractéristiques communes d'un prime abord, et qui se contrastent en même temps, soit par le température, la forme, la complexité de préparation...

 

 Cette video est le fruit des consomateurs eux-même qui se faisait tourner deux cameras en continu. Les rushs ont ensuite été donné des des artistes videastes ; l'idée étant qu'ils soient complètement libre quant au rendu.

- PLATE/FORM -

 Un repas pour trente personnes servit à même le sol. Au menu, cinq purées oranges, cinq boissons violettes, fleurs volées dans les jardins publiques, dessert MontBlanc et macarons.

 

 Au début, le sol est saturé, jonché au raz du pas de porte ; pour le “public” l’entrée en matière est à négocier. Quelle technique de corps inventer pour pénétrer l’espace, pour s'approprier et consommer “l’oeuvre” proposée?

 

 Le projet consiste à investir concrètement un public dans l’assimilation d’une oeuvre, en l’en rendant acteur, en lui donnant le rôle “principe actif”.

- RETOUR DE TOKYO -

 L'idée c'était de confronter les gens à l'expérience vécu au Japon : tu vas au super-marcher, pour acheter à manger, et là, tu comprends rien.

 

 On a bien quelques notions des moeurs et traditions... mais le moyens concret de se nourrir...Tu sais pas ce qui se mange cru, ce qui se mange cuit, ou mélangé, ou ce qui sert à se laver, à boire, à nettoyer... 

 

Alors, je leur ai fait le coup, pareil... j'ai ramener 20 kilos d'achat comestible... et voilà, bon appétit.

 Au préalable, j'ai recouvert une table d'un tapis de riz, j'ai mis le tas de nourriture sur une desserte, et je leur ai demandé , avec ça, de faire un jardin japonais... et hop, bon courage !

- OVERGROUND -

 Installation performative et dînatoire de trois heures pour un repas en trois actes.

 

Galerie Visite Ma Tente - Berlin / 2012

 

En collaboration avec Ikue Nakagawa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 D’autres propositions culinaires ont été crée en relation avec une exposition : dans celles-ci je voulais amener le consommateur à accomplir les même gestes que l’artiste. Le culinaire sert ici d’attracteur dynamique.

 

 

 

 

- BLOC G.M.C -

 Ce projet répond à l’invitation des Editions Lutanie à l’occasion du lancement d’un recueil d’entretiens inédits de Gordon Matta-Clark. Il s’agissait d’éviter chips cacahuète et compagnie, et de ce pencher sur la question de façon un peu plus appropriée, considérant notamment que l’artiste en question a lui-même ouvert un restaurant (FOOD, en 1971).

 

 L’idée du bloc entre en résonance avec l’aspect architectural de son travail, c’est à dire, ses opérations effectuées sur des bâtiments. Cependant, un bloc comestible homogène eut été trop réducteur. En effet, ce qui animait GMC dans ce travail, c’était de révéler une chose généralement considérée comme entière unité immuable, telle qu’un bâtiment, comme étant en réalité la somme de différents espaces, techniques, matières, vécus, subjectivités...

 

 C’est pourquoi la proposition comestible consiste en un bloc constitué de plus petits blocs aux goûts, couleurs et proportions différentes, qui en stimulent la découpe... aller voir, goûter ce qu’il y a, ce qui se dessine si l’on taille plus loin, plus profond, plus en biais...